JOURNAL DE BORD 2014


Janvier

Dimanche 12 – C’est Kirby’s Day. K peut décider de tout ce qu’il veut faire. Il a choisi d’aller naviguer ! Météo Suisse annonce du soleil et légère bise après dissipation du stratus. On part assez tôt pour être sur l’eau lorsque le soleil apparaîtra. 
On part en faible vent d’ouest, sous le stratus, direction Genève. Ce dimanche est également le jour de l’ouverture de la pêche. On voit donc un bon nombre de bateaux de pêche un peu partout. En milieu d’après-midi, on aperçoit presque le ciel bleu, puis tout redevient gris est le stratus s’épaissit. 
On part en faible vent d’ouest, sous le stratus, direction Genève. Ce dimanche est également le jour de l’ouverture de la pêche. On voit donc un bon nombre de bateaux de pêche un peu partout. En milieu d’après-midi, on aperçoit presque le ciel bleu, puis tout redevient gris est le stratus s’épaissit. 
Et pour la deuxième fois consécutive, la Guêpe est le voilier le plus rapide du petit lac !
Au retour les airs sont de plus en plus légers, je me réchauffe en pagayant du safran, ce qui nous fait aller un peu plus vite jusqu’à la risée devant l’entrée du port qui nous ramène gentiment à notre place, de taille à nouveau normale, le gros Tupperware n’étant plus sur la place voisine.







Mars

Dimanche 9 – Grand soleil, faible bise, quel bien ça fait après un mois de février sous la pluie ! On met le génois car c’est vraiment calme. En amont, on voit une ligne sombre qui nous fait espérer que la bise va se lever un peu. En attendant, plutôt que de faire du sur place dans la pétole, on décide de continuer au moteur en mettant les gaz à fond, ce qui lui fait du bien - on n’y pense pas assez souvent – et en même temps la vitesse nettoie l’arbre de l’hélice qui était plein d’algues. On se remet ensuite à naviguer sous voiles mais la bise se fait décidément trop attendre. On vire et on repart sur Port Choiseul au portant. On voit deux bateaux des Traînes-Matin à couple et lorsqu’on est un peu plus près on entend quelqu’un chanter du yodel… On empanne, on continue tout doucement, puis on voit un des Traînes-Matin venir vers nous. C’est Jean-Pierre Dalphin, suivi de près par Marc et Stéphanie. On fait un moment causette. Marc nous dit qu’il a chanté du yodel lorsqu’il a vu la Guêpe. C’est drôle, Jean-Pierre fait le tour de notre bateau et se remet à côté de Marc, on a l’impression d’être un tout petit poisson cerné par de gros requins. Nos amis repartent, la bise est définitivement tombée. On affale et roule la gv et la risée Yamaha nous ramène au port.


Samedi 29 – Soleil et bise, très peu de bateaux dehors et des petits moutons partout. Les airs sont si réguliers que K barre tout droit jusqu’à Hermance. Je prends ensuite la relève direction Coppet. Au retour, lors d’un empannage, on voit qu’on  a aplati toutes les vagues derrière nous, comme si la Guêpe avait fait un dérapage sur l’eau. Puis les moutons reviennent à la charge, c’est vraiment beau. 


Dimanche 30 – Soleil et bise, qui faiblit à mesure qu’on avance. On voit les bateaux de Jean-Pierre et de Marc amarrés à couple. Il nous saluent avec une corne de brume, on leur répond de la même manière puis on va leur dire bonjour. Ca nous prend du temps, car les airs sont presque entièrement tombés. On continue un petit moment, mais c’est vraiment trop calme. On décide de rentrer. La bise a fait place au vent d’ouest, ce qui nous fait rentrer au près après être montés au près. En amont de port Choiseul un voilier navigue au près, en direction opposée à la notre… Puis c’est régime pétole. On affale et roule la gv, on range le génois puis on rentre au moteur. 









Avril

Samedi 12 – Bise et un peu de soleil. A peine sortis du port on se fait accueillir par plein de petits moutons. K se met bien pointe aux airs pour hisser la voile puis on part au portant le temps de tout ranger et relever le moteur. Ensuite on monte au près sur Hermance, on vire sur Coppet, encore un virement et on est à Tougues. Le ciel est toujours plus gris et il commence à faire froid. Le retour se fait en un seul bord de portant. Les moutons nous suivent allègrement puis disparaissent. Encore une fois, on a profité du meilleur de la journée !


Dimanche 13 – Bise et grand soleil. Le ciel est bleu profond et le lac turquoise. On fait un premier virement pour éviter de prendre les vagues du bateau de la CGN de face. On est au près tribord amure et on doit éviter un Luthi qui nous coupe la route pendant que le barreur nous regarde !!! On voit un magnifique 6.5m avec un mât en bois au portant. On vire pour l’admirer de plus près, c’est Philippe qui navigue en solo. On continue notre route et on monte jusqu’à Tougues en un seul bord de près. La bise est si régulière que je m’amuse à garder mon cap sans toucher la barre, juste en jouant un peu avec le réglage de gv et ma position. Le retour se fait de nouveau en un seul bord de portant et la rentrée au port sous voiles.


Jeudi 24 – Le Corsaire de Jacky est prêt à retourner à l’eau après s’être fait refaire une beauté au chantier. Il est temps pour la Guêpe de rentrer au Creux. J’ai mis un costume de bain sous mes vêtements. Au Creux, je mets Bee Tender à l’eau. Il est tout mignon avec son nouvel antifouling, le nom écrit sur le côté, la ligne de flottaison et les immatriculations repeintes. Je vais à la bouée de la Guêpe, démêle des élingues, contrôle la chaîne et les manilles, puis je vais vers l’estacade privée la plus proche, y pose mes habits et retourne vers la bouée… à pied, en poussant l’annexe. L’eau est presque agréable, 11°. L’annexe amarrée à la bouée, je retourne au bord, me sèche et me rhabille. Je vais ensuite à pied à Port Choiseul. J’envoie un sms à Kirby pour lui proposer de venir avec moi pour ramener la Guêpe chez elle. En l’attendant, je libère la bouée de Jacky des amarres que j’avais mises pour l’hiver et mets le génois à poste. Sortis du port on hisse la gv, mais le vent est aux abonnés absents. On fait donc le trajet au moteur. Le Creux nous accueille avec une jolie risée et K effectue une belle arrivée sur la bouée, pointe aux airs. On roule les voiles puis je ramène K à sa voiture. Je retourne ensuite sur la Guêpe, me remets en costume de bain et vais dans l’eau pour nettoyer la carène. La nouvelle brosse de chez Ship Shop est vraiment efficace. On ira plus vite à notre prochaine sortie  


Mai

Samedi 31 – Grand soleil, une bise à tendance modérée est annoncée. K fait un super départ sous voiles. Il a vraiment la technique pour orienter la Guêpe dans la bonne direction quand on largue les amarres. On croise un Melges 24 sous gennaker. C’est drôle, je porte justement mon gilet avec le logo Melges 24 dans le dos. Devant port Choiseul, on passe tout près derrière un des Soling Moby Dick. Julie nous fait un grand bonjour. On continue de monter et je crois apercevoir le Corsaire de Jacky. On se rapproche, c’est bien lui. En ce début d’année il a tout refait ses vernis. Kurun II est magnifique !!! 
La bise se calme passablement et on décide de rentrer. Elle se relève lorsqu’il est temps de retourner à notre place, mais on ne me la fait plus, j’arrête la Guêpe le nez pile sur la bouée. 

Juin

Dimanche 1 – Même météo que hier, avec un tout petit peu moins de bise. K a d’autres poissons à frire, j’y vais donc seule. Je hisse le génois, la gv et me voilà partie. Les airs sont réguliers, je monte en un seul bord jusqu’à hauteur de Hermance. Je croise un Corsaire blanc, également mené en solo, puis un superbe voilier en bois, je complimente son propriétaire – aussi en solo – qui me dit que mon Corsaire est très joli aussi. Je revois le Melges 24, puis un Psaros tout gîté avec son immense gréement à corne. Au retour, je croise la galère La Liberté puis toute une armada de barques lémaniques, dont La Vaudoise... Elles rentrent chez elles après avoir paradé et régaté pour célébrer le bi-centenaire de Genève hier et aujourd’hui. Les airs sont bien tombés. Je vais de risée en risée, séparées par des calmes presque plats, puis je tiens la bôme immobile lorsque la Guêpe se fait secouer par les nombreuses vagues du dimanche soir, ce qui la fait accélérer. Façon simple et pas fatigante de pomper. Mais le vagues se calment et je n’avance presque plus. Je mets le moteur en marche pour la fin du trajet, puis profite de la risée du Creux pour terminer sous voiles jusqu’à la bouée.

Samedi 7 – Avec une température de 32° on peut espérer des thermiques ! Je prépare la Guêpe en attendant K et nous voilà partis. Il fait vraiment bon sur l’eau, un vrai soulagement. Lorsque les airs font mine de tomber on repart sur le Creux. On n’avance presque plus, il est temps pour notre moteur de prendre le relais. On laisse la GV hissée et on roule le génois. Le Creux nous accueille avec une splendide risée. On arrête le moteur et on déroule le génois. Lorsque nous arrivons sur notre place, les airs se sont si bien levés que K doit se dépêcher d’attraper la bouée avant que la Guêpe se mette à reculer ! 

Dimanche 8 – Il fait toujours aussi chaud ! K préfère rester à son studio. Lorsque j’arrive au Creux, c’est noir de monde et pas un souffle d’air. Déçue, je repars… direction Choiseul. Là-bas c’est pareil. Je décide de rentrer, il fait trop chaud pour rester planté au soleil. Au giratoire de Bellevue, je repars sur le Creux. Je parque la voiture assez loin et descends à pied. Je vois un Surprise qui avance un tout petit peu. Je vais jusqu’à la Guêpe. Je sens des tous petits airs. Je débâche, hisser les voiles et quitte le port avec de jolis airs. Ouf ! J’avance à bonne vitesse bâbord amure. Je vois venir le Formule 40 Groupe Edmond de Rothschild sur tribord. Lorsque qu’il est tout près, je vire et le prends en photo. J’entends « Hé, salut ! ». Debout sur l’arrière du flotteur sous le vent, je vois Jean-Michel, le propriétaire du Toucan Jambon-Beurre. Je lui demande s’il n’a pas honte d’aller aussi vite. Réponse négative  Je continue ma route en tirant des bords pour attraper les plus belles risées, qui ne me lâcheront pas jusqu’à mon retour. 

Samedi 21 – Soleil et séchard ! Au Creux il y a une grande tente pour la fête de la musique. Quand je pars avec l’annexe, je me fais héler par trois personnes sur un voilier amarré à une bouée. Ils viennent des Pâquis et ne savent pas comment aller à terre. Je les emmène, ils sont tout contents. Je prépare la Guêpe rapidement et me voilà partie direction port Choiseul - je croise Phoebus sous spi - puis Hermance. Je cherche un bon moment et enfin je le vois, le spi de Jacky. Je tire des bords de manière à passer juste à côté de lui. Les airs se sont bien levés, je suis au rappel, stick à la main. On se dit bonjour puis je continue jusqu’à Hermance. Je vire et redescends en un seul bord de portant. Quel bonheur d’être sur l’eau avec des airs soutenus et réguliers ! Devant le Creux cela forcit encore. Je roule le foc puis vais à la bouée sous GV. Je fais attention à garder un peu de vitesse pour éviter que la Guêpe ne recule lorsque je vais à l’avant attraper la bouée. 

Dimanche 22 – Il fait un drôle de temps. Météo Suisse annonce des orages possibles, mais il n’y a rien sur les image rada. J’y vais. Le Creux est en séchard, mais le Jura est surplombé de nuages sombres. Le jet d’eau fait du yoyo en joran. Je vais me contenter d’une translém dans la largeur :-) Un gros nuage noir m’accompagne tout au long de ma navigation. J’ai même droit à quelques gouttes de pluie au retour. Heureusement qu’il y a du vent car les pc ont généré une assez grosse houle. Je rentre sous GV et, arrivée sur la bouée, je n’ai même pas besoin de la gaffe pour l’attraper… Le gros nuage noir disparaît et fait place au soleil !

Jeudi 26 – Je pars sous génois avec un joli petit Séchard. Un peu plus tard cela vire en vent du sud, puis à hauteur de port Choiseul, plus rien. Je croise un couple à bord d’un catamaran de sport. On se dit bonjour et je fais la remarque que ces petits catas avancent même avec rien du tout. Mais finalement ils sont aussi plantés dans la pétole… puis arrive un souffle d’air et les voilà qui démarrent à toute vitesse… moi aussi ! Le Joran nous est tombé dessus sans prévenir. La Guêpe se transforme en bolide. Plus loin le lac est plat. Je vire pour rester dans cette belle risée puis je pars direction le Creux vent de travers, sur l’autoroute du Joran Devant le Creux, je roule le génois et affale la GV. Au moteur, je me faufile entre les bateaux qui dansent au bout de leurs élingues. Pour éviter tout risque, je n’arrête le moteur que lorsque la Guêpe est amarrée à sa bouée. Je mets un peu de temps à rouler les voiles, pas si simple quand ça souffle autant. 

Vendredi 27 – K m’envoie un sms me proposant d’aller naviguer. Bonne idée car avec la météo annoncée je n’y serais pas allée seule. Quand on arrive au Creux on se fait accueillir par un gentil Séchard. Je dis à K qu’il serait plus raisonnable d’utiliser le foc mais au diable la raison, on part sous génois. Le soleil est entouré d’un arc-en-ciel ! K barre jusqu’à hauteur de Versoix puis je prends le relais en lui disant qu’il va rater le fun… Un peu avant Coppet K a un petit coup de pompe et va faire la sieste dans la cabine. Il se fait réveiller un peu plus tard par le bateau de la CGN qui annonce son arrivée à Coppet et se rendort aussitôt. Je vois que les plus belles risées sont près de la rive. J’y vais au portant puis je monte vent de travers, le vent ayant viré à l’ouest. Quand K se réveille il est tout surpris de voir qu’on est montés si loin. On longe la rive en admirant les belles maisons, toutes différentes les unes des autres. Lorsqu’on arrive devant Founex, K propose qu’on aille s’amarrer dans le port pour rendre visite à un de ses élèves. Je lui dis que ce serait mieux de faire ça un jour où le ciel a une autre couleur. De gros nuages noirs se sont formés et les airs tombent. Je propose de repartir sur le Creux car nous aurons soit de la pétole, soit des gros airs, mais certainement plus de Séchard. On vire et après être montés jusqu’ici au travers tribord, nous voilà repartis dans l’autre sens au travers tribord ! Le vent d’ouest se lève, on est au près et je me mets au rappel l’écoute à la main hors du taquet car on se prend de grosses baffes entrecoupées d’accalmies. Puis le Joran se lève, on continue vent de travers. Pas longtemps car le vent d’ouest se remet de la partie… puis le Joran, etc… Le lac s’est bien formé, quelqu’un a lâché les moutons, il n’y a presque plus de bateaux dehors. On se rapproche du Creux dans des vents toujours plus forts, mais avec le Joran au large et l’Ouest près du bord impossible d’y arriver, on est condamnés à tirer des bords carrés. Ca me rappelle Vevey lors d’un de nos tours du lac ! Comme de toute façon on ne va pas faire la rentrée au port sous voiles, on roule le génois, affale la GV et notre fidèle risée Yamaha nous ramène à notre bouée. Le retour à terre à bord de Bee Tender est rapide et je n’ai presque pas besoin de ramer avec tout ce vent qui nous pousse :-) Tout ce sport ça donne soif. On prend la voiture direction port Choiseul pour le dernier jour de La Semaine du Soir. On commande une bière pression et on va sur l’estacade regarder la régate, on discute un moment avec Philippe qui vient de revenir de la Coupe Rothschild avec son équipage d’Astrée puis on va manger sur la terrasse du Club. Quelle belle journée !


Juillet

Mercredi 16 - Ciel tout bleu, séchard. On monte sur Hermance, les airs sont réguliers. Il y a peu de bateaux sur l'eau et la plupart sont des voiliers. Un peu avant Tougues, K proposé de rentrer. Je lui demande de prendre la barre le temps que j'installe le spi puis on vire et on l'envoie. On se fait toute la descente en un seul bord, le lac est plat juste avec les petites vagues du séchard, sans que le spi ne se dégonfle une seule fois. Il est des moments comme ça qui sont magiques ! K joue un solo de contrebasse sur le bras du spi. On affale devant le Creux puis on déroule le génois pour aller jusqu'à la bouée.

Jeudi 24 - Rendez-vous avec Robin à 15h au milieu de port Choiseul pour "l'hivernage" de la Guêpe. J'amarre Bee Tender sur la bouée, équipée de son autovideur à vagues. Je prépare la Guêpe pour sa mise à terre, gv dans son sac, bôme dans la cabine... Je pars au moteur dans de tous petits airs, petite balade sympa... pas pour longtemps. Le ciel se couvre et la bise se lève, tellement fort que je dois tirer des bords pour négocier les grosses vagues. L'eau change de couleur, vire au brun à l'approche de port Choiseul, les moutons sont partout. K va venir m'accueillir au slip des dériveurs mais je suis un peu en avance. Je vais sur une bouée de dégréement et attends un petit moment, puis vais au bord lorsque K arrive. Robin qui passe par là voit que nous sommes prêts, il va aussitôt chercher la remorque au chantier et revient avec Thibault. On n'a plus qu'à admirer leur travail parfaitement synchronisé pour le démâtage et la mise à terre. Arrivés au chantier, je nettoie la carène au karcher puis l'orage fait de même pour le dessus ! Robin met ensuite la Guêpe sous le hangar, pile devant l'entrée, la meilleure place que l'on puisse y avoir et je commence à démonter l'accastillage. Quand j'arrête vers 21h - il commence à faire un peu sombre - il ne reste que le hublot, la barre d'écoute et la chaise moteur.

Vendredi 25 - je finis de démonter ce qui reste, K vient chercher les voiles et la bâche, m'apporte une rallonge. Je fais la connaissance de mon voisin de hangar qui est en train de restaurer un Corsaire. Il me dit : "C'est la célèbre Guêpe ! Aussitôt que l'on va sur Internet pour se renseigner sur la restauration d'un Corsaire on tombe sur son site !" 
Je ponce l'antifouling qui me pique horriblement le nez et les yeux, puis j'attaque la coque, je ponce les deux côtés mais je me sens trop empoisonnée, demain sera un meilleur jour.

Lundi 28 - Durant le weekend j'ai fini de poncer entièrement la Guêpe. Robin la déménage dans l'atelier pour que je puisse continuer dans les meilleures conditions possibles. Je passe l'aspirateur partout sur la Guêpe, le white Spirit, la patte collante, puis je pose une première couche de vernis. Thibault me donne plein de bons conseils qui me facilitent la tâche et me confie sa clé de l'atelier attachée à un magnifique et immense porte-clé en forme de bateau.

Mardi 29 - Je ponce la première couche en entier. Et oui, le vernis est un éternel recommencement ! Jacky et Claude viennent travailler sur le pointu. Ils font des remarques sur ma situation de privilégiée qui a le droit de rénover son bateau dans l'atelier :-) Véro est de retour de vacances, Michel Budry vient nous rendre visite à l'heure de l'apéro. C'est vraiment sympa d'être au chantier. De plus, avec le temps qu'il fait, pluie tous les jours, je profite quand même de la Guêpe et il n'y a aucun risque de poussière venant de l'extérieur pour la pose du vernis. 9 heures de ponçage plus tard, la Guêpe est prêté pour la deuxième couche.

Jeudi 30 - Je vais poser la deuxième couche de vernis. K m'apporte des sparadraps spéciaux extrémités doigts pour mon prochain ponçage, plus un Dr Pepper bien frais. Claude et Jacky, qui ont fait du bois hier, c'est à dire plein de poussière, ne font qu'une petite visite pour me laisser travailler. Thibault, qui doit rectifier des poutres, va les raboter dehors sous la pluie !!! Robin part raboter dans la hangar. Je suis vraiment gâtée ! Quand des gens viennent trouver Robin, il leur explique qu'à cause de moi plus personne ne peut travailler dans l'atelier.


Août

Jeudi 14 - 5 couches de vernis, 4 couches de laque blanche, 3 couches de jaune pour la ligne de flottaison, 2 couches d'antifouling, 3 semaines plus tard, le temps de laisser sécher un peu le tout, je remonte l'accastillage. La Guêpe est fin prête pour retourner à l'eau, toute réparée et brillante de partout !

Mardi 19 - Je ne sais pas quand Robin va avoir le temps de mettre à l'eau la Guêpe. Je vais donc travailler chez Teddy et au retour je passe au chantier. La Guêpe est dehors sur une remorque attelée à la Landrover, le mât posé sur le balcon et le chevalet. Je me dépêche de mettre l'antifouling sur les emplacements que je ne pouvais pas atteindre quand elle était dans l'atelier. Robin arrive avec sa petite-fille. Il doit aller à une assemblée des Traîne-matins avant de revenir chercher la Guêpe. En attendant son retour, j'attache le mât et fixe les haubans en faisant attention à ne pas les croiser. J'appelle K pour qu'il vienne nous donner un coup de main au port. La mise à l'eau se fait très vite, avec l'aide de Roby qui passait par là :-) 
Depuis l'estacade K tourne la Guêpe pour l'orienter dans le bon sens et je pars au moteur, avec toutes les drisses qui pendent du mât sans bôme. Le vent d'ouest se lève, toujours plus fort, ne me facilitant pas la tâche au Creux. Ça secoue dans tous les sens et Bee Tender est à moitié plein d'eau. Il tape contre la coque de la Guêpe pendant que je frappe les élingues et j'ai de la peine à l'amener à l'arrière. Je le vide puis je remets la bôme et le gréement courant en place. Cela me prend plus d'une heure et demi. K me ramène ensuite au chantier où je récupère ma voiture. Grosse journée !!!

Jeudi 28 - Une vraie journée d'été, je crois bien la première de ce drôle de mois d'août ! Ciel bleu, soleil, séchard. Je vais à bord en fin de matinée, K me rejoindra plus tard. Il me reste quelques petites choses à faire après la mise à l'eau : le branchement électrique pour le feu de mât, la cale sur la chaise moteur pour pouvoir le relever entièrement... Qu'est-ce que ça brille ! Je suis enfin contente du résultat ! Je mets le génois à poste puis vais chercher K. Les airs sont établis ce qui permet une sortie facile et rapide. K barre un moment puis je prends la relève. Près de Port Choiseul on pense voir le 5.5 de Michel Budry. On se met au portant pour aller lui dire bonjour. Ce n'est pas lui, mais un 15 M avec la même couleur de coque. On dit bonjour à son propriétaire en le croisant. Il est temps de virer de bord et de se remettre au près. Le 15 M est déjà bien loin. On se remémore Evelyne Tajetti et du jour où on avait mis la pâtée à son joli 15 M blanc... et on réalise que la Guêpe se rapproche de celui-ci, juste de la même manière ! On se retrouve bien vite devant lui. Cette Guêpe, quelle fripouille ! À hauteur de Coppet K propose de rentrer. On vire sur Hermance pour rentrer en un seul bord, K prend la barre et je prépare le spi. On vire et j'envoie. C'est génial de voir cette jolie bulle bien gonflée à notre première sortie après la restauration ! Un peu avant le Creux les airs changent, le Joran nous dit un petit bonjour, on affale le spi et le génois nous ramène à bon port, histoire de rentrer au près, comme on est partis :-)

Samedi 30 - Encore une belle journée estivale. Le séchard est déjà établi en début d'après-midi. Il me semble voir un Corsaire au loin, on se met vent de travers pour se rapprocher. C'est est bien un, tout joli et original : antifouling bronze, coque blanche, rouge en-dessus, voile d'avant bleue et drapeau de pirate au hauban. A son bord, une famille avec deux enfants. Lorsqu'on est à portée de voix, son skipper nous demande : "C'est la Guêpe ?" Il nous dit qu'il va régulièrement sur son site Internet. 
Il y a beaucoup de bateaux sur l'eau, surtout des voiliers. Quelle chance ! Les D35 régatent et nous sommes aux premières loges pour les admirer. K à un petit coup de fatigue et va s'étendre sur une couchette. Je vois le 5.5 de Michel - cette fois c'est bien lui - je choque pour me rapprocher, on se dit bonjour. Henri est à la barre, Michel au spi. Je reprends ma route au près, K s'est endormi. Je fais le virement de bord le plus discret possible pour ne pas le réveiller. Le séchard à fait place à une petite bise, je passe Coppet. Un gros voilier avec de superbes voiles en fibres modernes me suit pendant un bon moment. Il arrive enfin à ma hauteur, on se dit bonjour et la Guêpe se retrouve à nouveau devant ! Quand K se réveille, on est à la hauteur de Tougues. Il est temps de rentrer. Je prépare le spi, le hisse et rien, il ne se gonfle pas... et finit dans l'eau. Le coinceur automatique de la drisse ne fonctionne plus. Je hisse à nouveau le spi, frappe la drisse au taquet sous le plat-bord et c'est parti pour un long bord de plaisir pur jusqu'au Creux. On affale devant le milieu du port et on déroule le génois pour la rentrée. En passant devant un voilier amarré dont le propriétaire est sur le pont, au téléphone, on l'entend dire : " un joli bateau vient de passer devant moi, c'est la Guêpe".



Septembre

Samedi 6 - On part avec le Séchard, K à la barre pour toute la traversée ! Un peu en aval on voit le Corsaire avec grand-voile à corne, à même hauteur qu'un gros voilier qui a quitté le Creux en même temps que nous, ainsi qu'un autre Corsaire à coque bleue. K barre comme Russell, dont il a les lunettes de soleil (le modèle qui porte son nom, acheté chez Ship Shop) et ne se laisse pas rattraper. Les airs forcissent, je prends la relève à la barre. On vire, on tire un bord sur Choiseul, toujours en tête. À mi-chemin, le gros voilier part dans une autre direction, le Corsaire à corne est toujours derrière nous, mais plus loin. Rive droite on voit Kurun II ainsi qu'un autre Corsaire. Cela fait donc cinq Corsaire naviguant plus ou moins de concert. Pas mal pour un bateau dessiné en 1953 ! On tire un autre bord qui nous amène en amont de Hermance, puis un autre, le Corsaire à corne est toujours derrière nous. Les airs faiblissent, il est temps de rentrer. Je prépare le spi, on vire, on envoie, le Corsaire à corne fait de même. Le lac est complètement brassé par les vagues de tous les bateaux à moteur du samedi, la Guêpe se fait secouer dans tous les sens, j'ai de la peine à garder le pauvre spi gonflé. Il me faudra encore pas mal d'entraînement pour pouvoir gérer ce genre de conditions et on n'a plus qu'à admirer l'autre Corsaire continuer sa route sous spi, grand-voile à corne choquée. On affale le spi pour continuer sous génois, plus facile dans les vagues. Les airs se relèvent mais K est pressé de rentrer. Il met en marche le moteur et on part direction Creux à vive allure, gv et génois gonflés. Trop drôle, si le moteur était silencieux, on pourrait presque rendre jaloux les bateaux volants :-) La risée étant toujours plus belle, on finit tout de même sous voiles. On rentre au Creux à pleine vitesse, Justin nous salue et dit : "Il a bonne mine ton bateau". Ça fait plaisir, toutes les nouvelles couches de vernis et de peinture font leur petit effet. Et cette fois je pense à utiliser la gv comme frein pour une jolie arrivée sur bouée.

Lundi 15 – J’ai failli aller travailler, mais il fait trop beau. Je commence par boulonner le nouveau coinceur pour la drisse de spi puis je pars en profitant de la risée du Creux. Passé cette dernière, c’est très calme. Je demande : « S’il vous plaît je voudrais du Séchard. » Et à cet instant j’entends le clapotis sous la coque, le son de l’accélération ! Je reste de ce côté du lac car c’est où il y a le plus de vent. Je monte ainsi sur Choiseul, je vire entre deux D35 amarrés, je continue sur Coppet. Je vois le Corsaire de Jacky qui sort du port, mais je suis déjà trop loin pour lui dire bonjour. Après Coppet je vire direction Tougues. Les airs montent un peu, c’est vraiment agréable. Puis ça se calme. Je redescends sur Hermance. Il n’y a presque plus de vent... et j’entends à nouveau le clapotis sous la coque. La Guêpe accélère sur un lac tout plat. J’empanne pour rentrer, les airs changent. Je suis vent de travers, de petits moutons apparaissent, le soleil disparaît derrière les nuages. Devant le Creux je croise Phoebus tout gîté. Je roule le génois et rentre à pleine vitesse, malgré la gv complètement choquée. Arrivée à ma place, j’attends le dernier moment pour lâcher la barre et me dépêche d’aller à l’avant attraper la bouée. La gentille Guêpe s’arrête pile au bon endroit !

Dimanche 28 – Il fait un temps splendide ! On va au Creux un peu avant midi avec un piquenique. A bord, on sort la table puis on boit un Ricard pour l’apéro avant de manger notre repas accompagné d’une petite bouteille de chasselas du Centaure qui nous attendait bien au frais dans l’équipet sous la couchette. Je fais ensuite chauffer de l’eau pour le café dans lequel on met une petite goutte de Talisker pour le goût. 
Notre festin terminé on hisse les voiles et on sort avec le séchard qui vient de se lever. On avance bon train, K à la barre jusqu’à hauteur de Versoix… les airs sont vraiment réguliers … puis je prends le relais. On est suivis par un Grand Surprise plein d’enfants au rappel. Quand il est tout près il abat légèrement et nous dépasse à un mètre de distance, heureusement sous notre vent. On se sent vraiment tout petits à côté de lui. Le lac est magnifique, il y a des voiliers partout. Un peu avant Coppet on voit un grand croiseur avec à son bord Marc Pellat et Pascal qui nous font des signes, puis c’est Justin, au moteur, qui nous dit bonjour. Le Creux est bien représenté ! Après Coppet on part vent de travers sur Hermance puis on redescend au portant sous génois. On revoit le Corsaire avec voile à corne derrière nous, sous spi. Après quelques empannages on est assez près de lui pour le prendre en photo. Son skipper nous dit : « Comment va La Guêpe ? » Il va nous envoyer des photos qu’il a pris de nous la dernière fois, je vais en faire de même. C’est ainsi que j’apprendrai que la nouvelle copine de La Guêpe s’appelle La Luciole. On fait une jolie rentrée sous voiles. Les airs ne nous ont pas lâchés une seule fois durant ce splendide après-midi d’automne.


Octobre

Mardi 14 – Une vraie journée d’automne comme on les aime ! La bâche de la Guêpe est toute propre, normal avec les quantités de pluie qui sont tombées ces derniers jours ! Je vois de petites risées au large. Je hisse les voiles et me voilà partie sur un lac très peu peuplé. Je monte gentiment dans de petits airs presque réguliers. Au retour, alors qu’il n’y a presque pas de bateaux à moteur alentours, je me fais soudain secouer pendant dix bonnes minutes, comme si on était dimanche. Je n’y comprends rien. Finalement ça se calme et je peux à nouveau naviguer normalement. Je vois au loin, en contre-jour, une forme bizarre sur l’eau. Ce n’est ni une barge, ni une péniche… en me rapprochant je réalise que ce sont quatre bateaux parfaitement alignés. Je me dis que les pêcheurs ont formé une jolie île mais lorsque j’arrive plus près je réalise que ce sont des bateaux militaires. Soudain ils se séparent et partent dans des directions différentes. Ils ont démarré si vite que je me retrouve entourée de grosses vagues croisées et je comprends pourquoi je me suis fait pareillement secouer un peu plus tôt !

Vendredi 17 – Il fait plus de 20° et le ciel est tout bleu. Le vent d’ouest s’est calmé, à tel point que je dois godiller du safran pour sortir du port. Puis il se relève et le jet d’eau prend des formes intéressantes. Je vais donc aller dans cette direction, du moins essayer car ça n’arrête pas de changer de direction et de force. Par moments je suis au rappel, écoute de gv à la main, puis je dois m’asseoir sous le vent. Je continue vent de travers, ce qui est nettement plus confortable. Lorsque je rentre, tous les bateaux du Creux pointent leur étrave en direction de Genève. Ca souffle vraiment fort mais je réussis quand même une jolie arrivée sous grand-voile. Lorsque j’ai roulé les voiles, je reste encore un moment dans le cockpit. C’est si beau tout autour de moi ! Je suis contente d’avoir profité de cette magnifique journée car Kurun est au chantier et la Guêpe va donc retourner à port Choiseul où elle sera plus en sécurité pendant l’hiver.. 

Samedi 18 – Rendez-vous avec K sur le parking de Versoix pour y laisser une voiture puis on va au Creux avec l’autre. On ne va pas stresser pour déplacer la Guêpe, il fait trop beau ! On commence donc par un Ricard avec des glaçons, un repas froid accompagné d’une désirée de chasselas du Centaure bien fraîche, puis café et pousse-café. Roberto et son fils Luca viennent nous dire bonjour. Luca a repéré un bateau en train de couler, ils vont aller le sauver. Au retour ils prennent Bee Tender en remorque, comme ça on pourra partir directement depuis notre place.
Le séchard s’est levé, la sortie est facile. Après le premier virement de bord K me confie la barre et va faire une sieste dans la cabine. Il dort déjà avant que nous soyons à hauteur de Versoix. Les airs sont réguliers, il y a beaucoup de bateaux sur l’eau. Je vois le 6 :5 de Philippe qui descend sous spi. Il se met à faire des zigzags pour passer tout près de moi et lorsqu’on se croise, il me dit : « ton Corsaire est facile à reconnaître, le balcon brille tellement ! » Les airs adonnent, je passe devant port Choiseul et continue un bon moment parallèle à la berge avant de virer, toujours au près. K dort toujours, j’essaye de garder son visage à l’abri du soleil. Lorsqu’il se réveille, on est devant Hermance. Il est temps d’aller sur notre place d’hiver. La rentrée au port se fait sous voiles. J’avais préparé les amarres à mettre sous la bouée, ce qui nous économise un temps considérable pour bien tout régler, que la Guêpe soit à la bonne distance de l’estacade. 

Mercredi 29 – J’ai un peu le trac, c’est la première fois que je vais sortir en solo de la place de Jacky. Je prépare le génois puis discute un moment avec José, le propriétaire de la Luciole, qui s’est arrêté devant la Guêpe. J’essaie ensuite de mettre en marche le moteur, mais il ne fait que caler. Normal, j’ai mis le bouton de réglage d’arrivée d’essence en position fermée… Je pars enfin mais je ne donne pas assez d’élan et je dois utiliser le bateau voisin pour me pousser dehors. Ouf ! J’y suis. Faudra que je perfectionne la manœuvre. Les airs sont bien réguliers, du nord-est, et m’emmènent jusqu’à Hermance. Je suis bien contente d’être sortie, c’est si joli tout autour ! Je redescends en un bord puis rentre au port sous grand-voile. Arrivée à ma place, je m’applique si bien que la Guêpe s’arrête pile le nez sur la bouée… qui sert à amarrer le bateau à l’arrière… et je me retrouve à utiliser l’autre bateau voisin pour avancer. Heureusement que je peux tendre ma gaffe à Pierrot Hess qui me tire jusqu’à l’estacade. Va vraiment falloir que je m’entraîne !  

Vendredi 31 – Il fait toujours aussi beau et une petite bise est annoncée. Cette fois j’utilise la bouée pour sortir de la place comme j’avais appris à le faire à l’école Moby Dick et la manœuvre est parfaitement réussie. Comme annoncé, une petite bise m’accueille à la sortie du port. Je tire un bord le long de la rive puis vire et pars direction Tougues, la balade de Jacky ! La bise forcit un peu et plus je m’approche de l’autre rive, plus ça moutonne, mais c’est toujours aussi régulier en direction, un vrai régal ! Je m’amuse à prendre des photos et des petits films en barrant avec le genou. Au retour je vois la Luciole qui monte au près et je me dis qu’elle a de la chance de sortir aussi souvent. Je rentre au port sous grand-voile et lorsque j’arrive à ma place, je suis les conseils de Pierrot, je ne m’occupe que de l’avant - je peux attraper la bouée plus tard – Tout se passe beaucoup mieux. 

Novembre

Samedi 1er – Aujourd’hui K vient naviguer. On part sous moteur assez loin de la rive puis on l’arrête et j’attache la barre pour qu’elle ne gêne pas dans le cockpit. L’apéro au milieu du lac avec du soleil et un ciel tout bleu, c’est magique ! On sort la table pour le repas – pâté en croûte veau-bolets de la ferme Grolimund, entre autres, avec un petit chasselas du Centaure, miam ! Les glaçons qui restent de l’apéro servent à garder la bouteille au frais, puis se transforment en icebergs dans le lac à côté de la Guêpe ;-) Après le café on hisse la gv et on part au près. Il y a pas mal de voiliers dehors, une bonne dizaine ! K va dans la cabine faire une sieste. Cette fois il ferme la porte pour ne pas avoir le soleil dans la figure. Je monte jusqu’à Hermance, puis redescends au portant. Le lac est maintenant presque désert. Le soleil se couche et K se réveille à mi-chemin. On allume le feu de mât pour rentrer au port, sous voiles, et et lorsqu’on a fini de mettre la bâche, il fait nuit.

Samedi 8 – Les vignerons de Peissy fêtent la St Martin. J’y amène donc St Martin (Yves Glatz) et son âne (Nacho) dans la matinée. On se donne rendez-vous pour le retour vers 16h30. Cela me laisse un peu de temps pour aller sur l’eau. La météo annonce des petits airs, je mets donc le génois. Je sors facilement de ma place, ma technique « bouée » est bonne. Sortie du port, je dois me mettre bien pointe aux airs pour hisser la gv, car il y a pas mal de vent. J’ai le temps de boire un Dr Pepper avant que cela se lève vraiment. J’enfile mon gilet de sauvetage et c’est parti pour un bord sportif avec des airs qui alternent entre nord-ouest et sud-ouest avec de belles rafales. Je le remonte un gros voilier qui est sorti avant moi et le dépasse en peu de temps. La Guêpe va vraiment vite. Sur le bord de retour les vagues qu’elle coupe lavent le pont. Je ne me souviens pas avoir navigué en solo avec autant de vent. Le soleil brille, c’est plein de moutons, magnifique… pas le temps de prendre des photos ! Comme je ne vais pas rentrer au port sous voiles, je monte un peu en amont du port, roule le génois – cet emmagasineur est vraiment génial – affale la gv et mets en marche le moteur. L’arrivée sur ma place est facile, plus je prends confiance, mieux ça va !

Jeudi 13 – Le ciel est plus bleu que gris et une petite bise est annoncée. Lorsque j’arrive à port Choiseul, Guillaume me demande : « Tu vas voir ton bateau ? » Je réponds : « Non, je vais naviguer ». Cette fois je mets le foc n°1 histoire de naviguer tranquille. Quand je sors, c’est très calme, je crains la pétole. Mais Le lac se met à se rider légèrement, un peu plus… jusqu’à l’arrivée de petits moutons. Je suis contente de mon choix de voile d’avant. Je suis toute seule sur l’eau ! Quand je monte sur Hermance, il y a un gros nuage sur tribord, rien de l’autre côté. Résultat : le lac est bleu à bâbord, gris à tribord. Sur le retour les airs faiblissent puis forcissent à nouveau lorsque je rentre au port. Je fais une arrivée à ma place sous grand-voile assez rapide. Au dernier virement je freine la Guêpe avec la bôme puis je vais à l’avant frapper les élingues. Manœuvre parfaitement réussie ! Lorsque je quitte l’estacade, un gentil motard-navigateur me ramène sur sa grosse moto jusqu’à ma voiture, parquée près de la route Suisse. Même pas besoin de marcher 

Dimanche 30 – Je dis à ma voisine d’estacade que le soleil n’est pas absent, il est au-dessus du stratus (persistant depuis deux semaines…) J’ai mis mes bottes de voile, ma grosse veste et des couches dessous. Je pars de ma place au moteur, pour la première fois j’ose utiliser la marche arrière et ça se passe très bien. Les airs sont faibles et irréguliers, il fait tout gris, mais on est tout de même trois bateaux sous voiles ! Je ne vais pas loin avec ces airs qui tombent à tout bout de champ. Je suis quand même bien contente d’être sur l’eau. C’est tellement bon pour le moral. Avant de rentrer, j’affale la gv, la roule et rentre au moteur. Je n’ai plus aucune appréhension, ce qui rend la manœuvre facile. Et je n’ai pas eu froid !

Décembre

Mardi 23 – Les jours rallongent et le soleil brille. Lorsque j’arrive au port, le lac est comme un miroir. Je me dis qu’à défaut d’aller faire le bouchon sur l’eau, je vais tout de même aller voir si la Guêpe se porte bien et c’est à ce moment que je vois un drapeau bouger un tout petit peu, puis un peu plus. Chic ! Je vais aller naviguer. Je mets le génois et lorsque j’arrive à la sortie du port, je suis accueillie par une jolie risée. Je monte sur Hermance en un seul bord. Les airs sont assez faibles et très réguliers. Je vois trois autres voiliers qui profitent de cette splendide journée. Le retour se fait aussi en un seul bord. La Guêpe file bon train, les bateaux à moteur étant aux abonnés absents, il n’y a aucune vague pour la ralentir. Je rentre au port sous grand-voile, exactement quand le soleil disparaît derrière le Jura. 

JOURNAL DE BORD