JOURNAL DE BORD 2010


Janvier

Lundi 18 – Grand soleil et petit bise entre 7 et 9 nœuds. Bee Tender n’a presque pas d’eau, idem pour la Guêpe. Je ne sais pas si la bise va forcir, alors je mets le foc n°1. Pas facile de hisser la nouvelle gv, elle est tellement rigide. Bon finalement tout est prêt, je vais amarrer l’annexe sur la bouée et utilise cette dernière pour me lancer dans la bonne direction. A l’entrée du port, le bateau de la Police est amarré et trois policiers sont dans l’eau en combinaison pour prendre des mesures. On se dit bonjour et comme je leur dis que c’est presque le printemps, ils me proposent gentiment de venir me baigner avec eux. Je leur dis que je suis d’accord s’ils me prêtent un de leurs petits costumes. Il y a pas mal de bateaux de pêcheurs sur l’eau. Je crois que je suis le seul voilier dehors, je monte au près et soudain je vois un autre voilier qui descend sous spi le long de la rive opposée ! Ca va, ce n’est quand même pas foule. Je me fais un joli parcours en triangle, traversée, virement direction port Choiseul et descente au portant. J’arrive juste à temps pour tout ranger avant que le soleil ne soit couché. 

Samedi 23 – Un petit peu de soleil, un petit peu de vent, l’air à 3°. On sort avec nos voiles neuves, première fois que K les voit. Qu’elles sont belles ! Le vent est irrégulier, un coup on descend, une minute après on monte. C’est pas grave, on n’a pas de but précis. On voit au loin un autre voilier, à part ça quelques bateaux de pêche, c’est tout. Du large on voit Bee Tender que rien ne cache. En aval de notre bouée il n’y a que trois bateaux à l’eau. K regarde s’il peut trouver notre position sur le GPS de son téléphone et me montre le petit point rouge qui nous représente sur l’eau. On va à la chasse aux risées, qui nous ramènent devant le port, on navigue encore un petit moment puis c’est retour case départ avant qu’il ne fasse trop froid. K confirme, la Guêpe va bien plus vite avec ses nouvelles voiles, même par tous petits airs. Par contre elles sont tellement rigides que c’est une vraie expédition de les ranger, même à deux. 

Février

Samedi 18 – La météo annonçait 2 à 3 Beaufort en Sud-Ouest et pluie le soir. Le ciel s’est un peu couvert, on peut juste deviner le soleil derrière les nuages. Il a énormément plu ces derniers jours (tout comme le reste de ce mois de février), mais Bee Tender est vide. Je lui ai offert une pompe de cale automatique qui fonctionne grâce au mouvement des vagues. Ca marche super bien ! Pendant qu’on débâche la Guêpe, le vent forcit un peu et change de direction. On va profiter tout l’après-midi d’un vent d’Est force 3. Le lac est bondé, au moins quatre autres voiliers naviguent ! On traverse assez rapidement le lac. Ces nouvelles voiles sont vraiment fantastiques, je peux rester assise sous le vent et on gîte à peine, tout en allant beaucoup plus vite qu’avant. On vire et c’est direction port Choiseul, voir si nos copains pêcheurs sont dehors. Comme il n’y a absolument personne autour de nous on navigue en écoutant de la musique sur notre super chaîne stéréo. On voit le bateau de Roby qui rentre au port. Dommage, on est un peu trop loin pour lui faire coucou. Devant port Choiseul, on longe la digue direction amont et on voit flotter deux pare-battages, un vert et un rouge, marqués CNV. Les bouées pour le parcours des régates des modèles réduits, mais personne ne régate. Puis on voit Roby qui nous fait de grands signes depuis son estacade. On lui fait signe en retour, tout contents, et on continue notre route. Il commence à faire froid. Heureusement j’ai une sous-couche de polaire à bord. Je me dépêche de l’enfiler et ça va tout de suite mieux. Retour au portant, toujours en musique, un seul empannage et arrivée facile sur la bouée. Pour la pluie, Météo Suisse avait raison, elle se met à tomber cinq minutes après que nous ayons quitté le Creux.

Mars

Vendredi 19 – Pour bien commencer, on va manger des filets de perches au CNV. Miam ! Ca laisse le temps au vent d’ouest de se lever. Quand on arrive au Creux le jet d’eau joue à l’accordéon et je dois lutter des deux rames pour que Bee Tender nous amène à la Guêpe. On sort sous gv et foc n°1. A peine arrivés au large, nous voilà en vent d’est. Je regarde les bateaux amarrés, ils ont tous changé de direction. Un gros voilier est sorti en même temps que nous sous génois seul. On lui met la pâtée au premier bord et on le salue lorsqu’on le croise, hi hi ! Lady Cat navigue également, avec que des hommes en noir à bord. Ils préparent certainement le bateau pour la nouvelle saison. A hauteur de port Choiseul les airs faiblissent et tombent complètement. K propose de mettre le moteur en marche. De plus, ça lui fera du bien de tourner. K doit insister un bon moment pour le faire démarrer. J’affale le foc et le mets dans la cabine. On  pensait laisser la gv haute pour rentrer, mais je vois une vilaine ligne sombre juste devant le Creux. Je me dépêche d’affaler et de pousser la gv le plus possible dans la cabine, juste à temps avant qu’un gros coup de Joran nous tombe dessus. En un rien de temps on est entouré de grosses vagues et de moutons. Le moteur tient bon… jusqu’à ce que nous soyons dans le Creux. Le Joran a viré en un fort vent d’ouest… le moteur cale juste quand nous passons derrière les autres bateaux… je réfléchis vite et dis à K de se diriger sur la bouée vide la plus proche. Je l’attrape, ouf ! L’amarre est pleine d’algues vertes, ce qui me transforme en martien, tout comme le pont de la Guêpe, berk ! Le tuyau d’amenée d’essence s’était décroché, probablement à cause des secousses dues aux vagues. K remet le moteur en marche et on peut aller sur notre bouée. On plie tout et quand il est temps de retourner à terre, le vent est à nouveau complètement tombé, pas moyen de se faire pousser, mais se relève juste quand on arrive à l’estacade et retombe lorsque notre annexe est amarrée…  

Avril

Mardi 6 –Jolie petite bise. Justin nous souhaite bon vent lorsque nous sortons du Creux. Il fait soleil avec un tout petit peu de brume. On monte plus haut que Versoix, il n’y a presque personne sur l’eau, on ne dirait pas que c’est les vacances de Pâques. Les airs forcissent un tout petit peu, assez pour que nous puissions de nouveau nous réjouir d’avoir de si bonnes voiles. A force 3 on n’a même pas besoin de s’asseoir les deux au vent car la Guêpe gîte à peine. Quand on rentre, on a évidemment une grosse risée dans le port, le temps de s’amarrer !

Vendredi 9 – Bise force 3 quand on arrive sur la Guêpe. On prépare tout rapidement et on sort sous foc n°1. On monte au près, je lâche la barre pour montrer à K comme le bateau est bien équilibré. La Guêpe continue tout doit et lorsqu’elle change de cap, on la remet dans la bonne direction juste avec le poids de nos corps, en nous déplaçant entre plat-bord et milieu de cockpit. On navigue comme ça un bon moment, on s’amuse comme des petits fous, mais lorsque nous nous rapprochons de l’autre rive du lac on entend une corne de détresse qui envoie plusieurs fois trois sons longs. On ne voit qu’un bateau de pêche avec deux personnes à bord. On se détourne pour aller vers eux et on leur demande si c’est eux qui ont appelé. Ils nous disent que oui, qu’un de leurs moteurs est en panne et qu’ils voudraient se faire remorquer jusqu’à port Choiseul. Je leur demande s’ils ont un téléphone, ils en ont un. Je leur dis alors de l’utiliser pour appeler quelqu’un, nous on ne pourrait pas les tirer avec notre petit voilier. Plus loin on voit une belle barque de pêche bleue avec une seule personne à bord qui envoie des nasses. Ca doit être Michel Perrissol. On se rapproche un peu en faisant attention à ne pas le déranger dans son travail. C’est bien lui. On se fait de grands signes pour se dire bonjour. On repart au près. La bise a forci un peu et pour la première fois depuis qu’on a nos voiles neuves, on peut se mettre au rappel. Michel a fini de poser ses nasses et il se dirige vers nous. On navigue un moment côte à côte et je lui dis que c’est sympa, c’est la première fois qu’on se rencontre sur l’eau et lui de répondre : « Je suis là tous les jours, moi

Il est bientôt temps de rentrer, il commence à faire plus frais et la bise faiblit. On redescend au portant, on repart au large pour trouver une belle risée. Devant le Creux le lac est comme un miroir et je dis à K qu’on aurait un gros coup de vent juste quand on serait dans le port… et c’est ce qui se passe ! On arrive à toute allure vers notre place, je vire, pointe aux airs, un coup de bôme pour freiner et la Guêpe s’arrête pile le nez sur la bouée. K frappe l’élingue et je me dépêche de tout affaler car ça souffle vraiment fort. " 

Samedi 10 – On est allés chez Ship Shop chercher une nouvelle horloge pour la Guêpe. Avant d’arriver au Creux on s’arrête à Bellevue pour faire quelques emplettes, boissons, fromage, Sudoku, puis on va passer le reste de l’après-midi à bord. J’installe l’horloge, effectue quelques petites réparations dans la cabine puis m’installe dans le cockpit où K est en train de jouer au Sudoku. Un couple de harles bièvres vient nous trouver. La petite cane est très curieuse. Je lui parle et elle reste là à m’écouter pendant une bonne demi-heure. Monsieur canard fait sa toilette et voudrait bien continuer son chemin, mais elle ne le suit pas et il est obligé de revenir vers nous. On a vraiment de la chance d’avoir une aussi jolie place d’amarrage. .» 

Samedi 24 – Faible bise, grand soleil. Je mets le génois à poste, on hisse la gv, je largue les élingues et donne une bonne direction à la Guêpe et ce n’est que quand on est en route que je hisse le génois. Bien plus facile de circuler sur le pont sans cette immense toile qui faseye. A refaire. Les bateaux à moteur font à nouveau muse-muse sur l’eau, on avait presque oublié toutes les vagues qu’ils génèrent. Enfin bon, faut faire avec, la saison d’hiver est vraiment terminée. Les Optimist, avec leurs graines de champions à bord, se font remorquer par un bateau à moteur, c’est joli, on dirait des petits poussins qui suivent leur maman. Phoebus navigue aussi, ainsi que les D 35. Le lac est magnifique et on est bien contents de profiter de cette belle journée. Retour au port, on a droit à la méga risée du Creux, comme d’habitude. Phoebus est rentré aussi et son équipage vient nous faire un petit coucou en retournant à terre avec leur annexe. La saison d’été a aussi des côtés vraiment sympa !

Mai

Samedi 22 – Premier week-end ensoleillé depuis le début du mois. La bise noire est tombée à un joli force 3-4. Entre-temps je me suis occupée de Bee Tender qui a maintenant son nom à l’arrière et ses immatriculations couleur or, même fonte que sur la Guêpe. Avec sa ligne de flottaison or et son antifouling cuivre, il est maintenant vraiment assorti. 

On sort sous foc n°1 car je veux essayer un réglage que j’ai lu dans Voiles et Voiliers pour mieux border en surélevant le point d’amure. C’est effectivement mieux et de plus cela nous donne une excellente visibilité vers l’avant. On traverse le lac rapidement, il n’y a pas beaucoup de bateaux sur l’eau et ils sont tous plus gros que la Guêpe. L’un d’entre eux va nous procurer la séquence émotion de notre sortie. On est assez près de l’autre rive et il est juste en retrait, à notre vent. On doit absolument virer car on est dans une grosse survente, ce qui veut dire qu’on doit virer et abattre immédiatement pour ne pas lui foncer dedans. K anticipe un peu trop et on se retrouve avec le foc à contre, pas idéal pour changer de cap. On repart enfin dans la bonne direction, le lac est recouvert de moutons et juste à ce moment arrive sur nous toute une flotte de bateaux à moteur. On n’en a jamais vu autant ensemble. 
D’après leurs drapeaux ils viennent de différents pays. Après leur passage on a droit à un lac croisé qui rappelle la parade d’Alinghi l’été dernier quand tout ce qui avait un moteur l’a suivi jusqu’à la Nautique. On monte jusqu’à Coppet, on vire et K propose de rentrer car les airs ont l’air de tomber en amont. On se met au portant et plus on se rapproche du Creux, plus on va vite. J’ai la vague impression de me répéter… Dans le Creux, protégé de la bise, hum, ça moutonne ! Je freine autant que je peux avec le safran, je borde au portant, puis je vire et je choque tout. Les voiles neuves font un bruit d’enfer et la Guêpe s’arrête pile le nez sur la bouée. K attrape l’élingue pendant que je me dépêche d’affaler la grand-voile. Probablement notre arrivée sous voiles la plus musclée depuis qu’on est au Creux :-) 

Juin

Vendredi 4 – K finit de travailler à 17h. On se retrouve au Creux et on sort pour une dernière balade avant d’amener la Guêpe à port Choiseul pour l’amener au chantier lundi. On profite d’une petit bise, il fait un temps splendide. Phoebus sort un peu après nous. On tire des bords de près, K va dans la cabine, fait une petite sieste, on boit un petit pastis pour l’apéro. Pour le retour les airs sont bien tombés, je dirige la Guêpe vers le rivage car il y a quelques nuages sur le Jura qui pourrait nous donner un peu de vent. En effet il y a un tout petit peu de Joran près du bord, juste assez pour nous faire avancer. Phoebus, au large, a aussi repris le chemin du retour. On va voir qui est le plus rapide dans la pétole. J’aide un peu en pagayant du safran, K me dit que c’est triché, mais ça aide bien et on arrive à notre bouée en premier. Comme il ne va pas pleuvoir, on ne bâche pas, ce qui nous gagne un temps certain. On arrive au ponton de Bee Tender vers 22h30, il nous faut encore amener la Volvo à port Choiseul pour demain, on va manger tard ce soir :-)

Samedi 5 – On part de la maison en fin de matinée pour être sûrs de trouver une place de parking au Creux. En chemin, on achète un pique-nique et c’est le « grand » départ. J’ai fait tout un système anti-mouettes sur Bee Tender avec des élastiques et j’ai fixé la pompe de cale à l’avant. 

On quitte le Creux en toute petite bise, on croise tout plein de D35 et autres M2 tirés par des semi-rigides. Ils vont tous à Genève pour le départ de la Genève-Rolle. Le skipper de Fribourg Attitude nous dit bonjour en passant. On mange notre pique-nique, on fait un virement et le bord suivant nous amène droit sur port Choiseul. Un Soling-école est en train de sortir du port. On fait un 360° pour le laisser passer puis on va se mettre sur une bouée de dégréement. On plie les voiles et on les range dans leurs sacs respectifs. Jan passe près de nous à bord d’un Soling Moby Dick, on échange quelques mots. Jacky m’a téléphoné hier pour me dire sur quelle place amarrer la Guêpe jusqu’à lundi, entre un pneumatique et un voilier rouge. C’est la place d’un Corsaire, ce qui rend la manœuvre facile car la bouée est à la bonne distance. Sur l’estacade nous voyons Rudy et son épouse qui se préparent à aller naviguer sur leur Surprise, ainsi que Jacky et madame Jacques prêts à sortir également. On leur souhaite bonne nav’, puis on va boire une fun beer à la buvette avant d’amener les voiles à la voiture et commencer à préparer la Guêpe pour sa sortie de l’eau lundi.

Lundi 7 – Je débâche, on largue les amarres et on va à la rampe des dériveurs à la pagaie. On amarre la Guêpe, on démâte, première fois que nous le faisons, je suis contente. J’attache le mât comme Jacky me l’a montré, sur le balcon et le chevalet. K va chercher la Volvo et on vide las Guêpe. C’est bien plus pratique de le faire ici qu’au chantier. 

K doit partir travailler, je reste seule à attendre Roby. Un monsieur recule avec une petite remorque derrière sa voiture. Après pleins d’essais ratés il est finalement près de la rampe. Il sort de sa voiture et me demande si je peut mettre mon bateau de l’autre côté de la petite estacade. Il n’a pas dû voir que la Guêpe est démâtée, prête à sortir… Il s’en va et je le vois revenir un peu plus tard à bord d’un tout petit pc dont le moteur doit passer l’anti-pollution. Roby arrive, met la remorque à l’eau. Le monsieur commence à expliquer comment faire, tout ce que Roby aime :-) 

Finalement la Guêpe sort de l’eau, mais la quille n’est pas au bon endroit. A ce moment Bernard Suter arrive. Il nous donne un coup de main pour déplacer la poutre sur laquelle la Guêpe doit poser pendant que Roby soulève cette dernière. 

Arrivé au chantier, Roby doit crocher une remorque avec un bateau dessus à l’avant de sa Land Rover pour mettre la Guêpe en place devant le hangar. Je ne peux qu’admirer la manœuvre avec un bateau devant, un bateau derrière. Il passe ensuite le Karcher sur les œuvres vives et met la Guêpe à sa place sous le hangar.

Il ne me reste plus qu’à enlever tout l’accastillage, poncer dessous, dessus, sur les côtés, revernir quelques couches, poncer entre les couches, passer l’aspirateur, repeindre la coque, mastiquer, mettre de l’époxy par endroits, de la pâte à bois ailleurs, mettre un meilleur antifouling, changer de moteur, amener la gv chez Europ’ pour qu’ils y ajoutent la bande de ris, contrôler le gréement - K va s’occuper du feu de mât – polir les ridoirs, jouer avec Canette, rigoler avec les copains à l’apéro, remettre l’accastillage… remâter, remettre la Guêpe à l’eau et retourner naviguer ;-)




Juillet

Mercredi 7 – Trois nouvelles couches partout (sept sur le plat-bord bâbord, ramené au bois pour enlever la vilaine tache blanche), la Guêpe peut retourner à l’eau.



















Une fois la Guêpe à l’eau et mâtée par Roby avec l’aide de Roberto, ce dernier nous emmène faire un tour hors du port pour nous expliquer le fonctionnement de notre nouveau moteur, un Yamaha 4 temps, 6 chevaux. C’est vraiment autre chose ! Il démarre au quart de tour, est silencieux, plus puissant, on est vraiment contents. On revient au port et on s’amarre sur la même place que lorsque nous sommes venus du Creux le 7 juin. Jacky nous a dit que nous pouvions y rester aussi longtemps que nous en avons envie. Je remets toutes les poulies, la gv, etc. à poste pour que la Guêpe soit prête à naviguer.
















Jeudi 8 – En fin d’après-midi je vais débâcher et K me retrouve au port. Jacky est sur son Corsaire avec Madame Jacques, on discute un moment ensemble. On effectue encore quelques rangements puis, après avoir réservé une table au CNV pour 21h30, on va naviguer. Le vent souffle de l’ouest, ce qui est bien car on peut hisser la gv avant de partir et la mettre en place correctement. On sort sous voiles, on va très vite avec la carène propre et nos nouvelles voiles de régate. L’hélice du moteur ne traîne plus dans l’eau, Robin a réglé ce problème au moyen d’une petite cale entre le moteur et sa chaise. 

On tire des bords au près, puis quand on voit Yan sur le Soling école, on fait des manœuvres pour nous rapprocher de lui pour qu’il voie la Guêpe toute jolie. La nouvelle barre d’écoute et ses poulies Ronstan fait merveille. Plus besoin de se battre avec l’écoute et pousser la bôme pour larguer la voile au portant. Au retour, juste avant que les airs tombent complètement, on voit Thibaut qui vient vers nous a bord de son Jean Jean. Il nous souhaite bonne régate en rigolant. L’entrée du port est encombré de bateaux. On décide donc de repartir au large sous moteur et de tout plier avant de rentrer. On s’amarre, je bâche et c’est le moment d’aller se régaler de filets de perches du lac sur la terrasse du CNV. Excellente manière de recommencer notre saison. 

Samedi 9 – Je vais au Creux un peu avant midi pour être sûre de trouver une place de parking. Je discute un moment avec Valentine en attendant K. On va ensuite à port Choiseul, je débâche et on va manger un petit truc à la buvette avant de mettre les voiles pour ramener las Guêpe chez elle. Le vent vient de l’ouest, ce qui nous permet à nouveau de sortir sous voiles. K est à la barre et moi je fais le singe au rappel. On a un bon force 4 qui me permet de prendre des photos de gîte sans tricher. Le vent est assez régulier mais chaud. On voit le Jet d’eau faire de l’accordéon puis K remarque un nuage noir sur le Salève qui grossit à vue d’œil et se fait rejoindre par celui qui se développe sur le Jura. On décide de rentrer avant que l’orage éclate. A hauteur du Creux, on affale et on met en route le moteur car le vent est trop fort pour une arrivée sous voiles. Bee Tender nous attend sur notre nouvelle bouée blanche à immatriculation assortie à celles de la Guêpe. Mon système d’élastiques anti-salissures d’oiseaux a bien fonctionné, tout comme la pompe de cale automatique. Je n’ai qu’à enlever quelques toiles d’araignées et l’annexe est prête à reprendre du service. Comme il fait vraiment chaud, on va se baigner mais l’échelle en plastique est vraiment difficile à utiliser. Je vais ressortir de la cave celle que Bernard nous avait donnée, en bois avec cordage autour des marches pour voir si elle est plus pratique. Lorsque le ciel est vraiment noir et que le vent forcit encore, on décide de partir avant de se faire rincer par l’orage, ce qui arrivera un peu plus tard aux pauvres clients du restaurant.

Lundi 19 – Soleil et un bon petit séchard. K n’est pas encore en vacances, on sort donc vers 16h. On voit Jacques rentrer avec son 5.5. On a plus de chance que lui, cet après-midi il n’y avait presque pas d’airs. K barre au près et moi pour le retour au portant. On monte « presque » jusqu’à Coppet. En tout cas on voit Coppet, hi hi ! Départ et rentrée sous voiles, jolie sortie.

Dimanche 25 – Météo Suisse avait annoncé que la bise allait se lever, ils ne se sont pas trompés… On met le foc n°1 pour une meilleure visibilité. Heureusement car à peine sortis du Creux on se retrouve dans un lac bien formé. Il y a du monde sur l’eau, surtout des voiliers (il y a trop de vagues pour les pc), mais à part quelques dériveurs de sport à une ou deux coques et un nombre de planches à voile comme on n’en a jamais vu jusque là, on doit être les plus petits. La Guêpe se fait secouer et rincer par les grosses vagues recouvertes d’écume. La barre est dure à tenir tellement ça souffle. Près de l’autre rive, où c’est momentanément un peu plus calme, je propose à K que nous mettions nos gilets de sauvetage. Cela fait, on repart sur l’autre bord pour une nouvelle séance de rodéo. Les nouvelles poulies de l’écoute de gv sont fantastiques. Elles permettent de gérer les rafales de manière précise. J’essaye de négocier au mieux les vagues, mais je ne peux pas empêcher la Guêpe de se cabrer et de retomber parfois en faisant des gerbes avec son étrave. Ler cockpit ressemble toujours plus à une piscine, le pont est rincé, tant mieux, je n’aurai pas besoin de dépoussiérer. Le retour au portant est assez impressionnant. La Guêpe fait du bruit tellement elle va vite. On dirait qu’elle veut échapper aux montagnes d’eau qui nous suivent. K met le moteur en position verticale pour notre rentrée au port. Ca souffle beaucoup trop fort pour rentrer sous voiles. Devant le Creux on se met pointe aux airs, on affale tout et on rentre au moteur. Je suis sur le pont et je dois me tenir fermement au mât pour ne pas me faire éjecter par le roulis. Arrivée sur la bouée impeccable. On roule la gv sans un pli, puis je vais sur le pont et roule le foc, qui me vient dans la figure en jouant à la robe de Marilyn Monroe. Un couple sur une annexe à moteur nous propose de nous remorquer pour le retour à quai, mais je décline sa proposition sympathique, j’aime bien ramer. Puis on va à port Choiseul pour un fun beer bien méritée et acheter le brin de ris qui manque sur notre nouvelle voile.    


Mardi 27 – On arrive au Creux à midi, le parking est presque vide, on peut se garer à l’ombre. On sort sous génois en profitante d’une faible bise qui nous accompagne presque jusqu’à port Choiseul, puis c’est presque pétole. Comme on a faim, on affale tout, on va amarrer las Guêpe sur la place du Corsaire, entre Rudy et Jacky, puis on va manger - K une salade, moi un bagel – à la buvette. Yan est installé à une des tables avec sa femme, sa fille de 12 mois et sa chienne labrador. Quelle jolie surprise, on ne savait pas qu’il était papa ! On finit de manger lorsque le propriétaire du bateau en bois à coque verte vient nous dire bonjour. Je peux enfin lui donner le CD sur lequel j’ai mis les photos que j’ai prises de lui en navigation en mars 2007. Après notre repas, nous repartons et tirons des bords de près jusqu’à hauteur de la jolie plage de Tougues ( Chens-sur-Léman ). Là je plie le génois, puis je mets tout à poste pour envoyer le spi. On fait toute la descente sous les vraies couleurs de la Guêpe.  

Un peu avant port Choiseul, un Yngling sous spi lui aussi  vient nous serrer en profitant de sa priorité et m’oblige à lofer au maximum de mes possibilités. Mais comme il est sous notre vent il se retrouve soudain stoppé, son spi pendant lamentablement alors que nous sommes en pleine accélération. Nous pouvons reprendre notre cap, pas très longtemps car les airs deviennent irréguliers, puis le joran se lève sans prévenir. Je suis obligée de changer notre cap de 90°, ce qui nous fait partir de l’autre côté du lac. Ce n’est pas exactement où nous voulons aller. J’affale le spi, qui se prend un bain, puis nous repartons au près serré, sous gv seule, tout gîtés, jusqu’à l’entrée du Creux. On affale et notre super moteur prend le relais jusqu’à la bouée où Bee Tender danse le rock au bout de son amarre.  


Samedi 31 – Départ sous génois vers 15 heures. On monte au près et dans la foulée on dépasse un autre voilier. Et de un ! On continue et on remarque un gros voilier blanc qui nous suit. Je prends le relais à la barre. On voit une petite coque jaune, on s’approche, c’est un autre Corsaire, avec un skipper tout content de nous voir. 

Quand on vire, le gros voilier est toujours derrière nous. On continue au près, direction Coppet. On voit Yan qui donne un cours, on navigue un moment à côté de lui, la Guêpe va vraiment vite avec ses voiles neuves et sa carène toute propre.  

Le gros voilier blanc est toujours derrière nous. Son skipper essaye d’affiner ses réglages, mais rien n’y fait, il n’arrive pas nous rattraper. 

Le Soling Moby Dick abat pour rentrer à port Choiseul, le gros voilier vire encore un fois derrière nous puis change de cap. Et de deux ! 







On voit un spi vert et jaune au-dessus d’une coque orange. C’est le Corsaire de Jacky. On abat pour nous rapprocher et on se dit bonjour. 










On reprend notre cap et vers 18 heures, à hauteur de la plage d’Hermance, on se met au portant et on envoie le spi. Cette fois je laisse le génois à poste. 







On voit le superbe Tofinou qui a aussi sa place au Creux derrière nous, sous spi asymétrique.

A hauteur du Creux, on affale le spi en on renvoie le génois puis, comme la bise est encore bien soutenue, on fait notre arrivée à la bouée sous gv seule. Il ne nous aura fallu qu’une heure pour la descente depuis Hermance. Ce spi Guêpe est vraiment super !  

Août

Mercredi 4 – C’est mon anniversaire. K m’a emmené à la quincaillerie du Lignon et m’a offert de magnifiques tournevis et un marteau pour la caisse à outils de la Guêpe, que je vais aller tester sur-le- champ. Cela fait nous mettons les voiles, foc n°1 car le Creux est en vent du sud et le jet d’eau est en joran, sans compter les nombreux nuages au-dessus du Jura. On met le moteur en marche juste pour sortir du port, car on est face au vent. Au large, les airs sont faibles et irréguliers. On voit Jacky au loin, puis un 6M JI tout près de nous. On navigue un moment à côté de lui et on remonte un Grand Surprise ! Quand les airs se lèvent, le 6M et le Grand Surprise nous laissent dans leur sillage. On continue jusqu’à Hermance, puis on entame le bord de retour, au près, dans une alternance de vent d’ouest et de Joran. On se retrouve sous un énorme nuage noir qui nous donne un vent très fort, on est tous les deux au rappel maximum et je dois même choquer un peu la gv. Après ce gros nuage on n’a plus que du Joran, très soutenu, jusqu’au Creux. Les voiles neuves font un travail fantastique, pas une seule fois la Guêpe ne fait mine de partir au tapis. Cette fois, le retour depuis Hermance se fait en un peu moins de 30 minutes ! 

Samedi 7 – Ciel bleu, petit séchard, tout pourrait être parfait… MAIS… ce soir il y a les feux d’artifice à Genève ! Le lac est bondé, les bateaux à moteur déboulent en groupe, à toute vitesse. Il y a tellement de vagues que nous devons remonter la dérive au près tellement elle tape dans son puits. Entre deux groupes de pc, la navigation est jolie quand même. Phoebus va dans la même direction que nous et on est à même hauteur jusqu’au moment de virer. Ca c’est nouveau aussi ! On monte jusqu’après port Choiseul où on voit Yan donner un cours de catamaran depuis un canot pneumatique. Le retour au portant est pire que l’aller, on doit s’accrocher aux plat-bords à cause de toutes les vagues. C’est la première fois que ça brasse autant depuis le défilé d’Alinghi le 1er août 2009. On doit rentrer assez tôt car K travaille à Neuchâtel ce soir. Les feux d’artifice depuis la Guêpe, ce sera donc pour une autre fois.

Dimanche 8 – Aujourd’hui on a droit à du vent d’ouest en alternance avec du joran, bien soutenu. On va donc rendre visite au jet d’eau, au près, tant que possible avec la direction du vent qui n’arrête pas de changer. On descend jusqu’à l’entrée de la rade où il y a plein de monde sur l’eau, surtout des pédalos. On vire et on se met au largue pour la remontée, qui se fera en zigzag, joran et vent d’ouest ne s’étant toujours pas mis d’accord. On va très vite. On affale devant le Creux et on rentre au moteur. 




Lundi 9 – Pas de navigation aujourd’hui. Je vais chercher le taud que j’ai commandé chez Europ’Sails puis je coupe la tige en fibre que Michel « Minou » m’a donnée à la bonne longueur, je l’enfile dans l’ourlet cousu à cet effet et voilà, il ne me reste plus qu’à aller l’essayer à bord. Les dimensions sont parfaites et je peux régler la hauteur sur les haubans ainsi que l’inclinaison. Cette fois la Guêpe est vraiment un croiseur de luxe ! 




















Mardi 10 – Petit séchard et ciel légèrement voilé. Après un repas à Gitana - panini à Gitana Beach :-) - on profite d’un lac tranquille, très peu de bateaux alentours et de jolis petits airs, qui ne vont pas durer. Le retour se fera donc en partie au moteur avec tout de même une arrivée au port sous voiles, ou plutôt en godillant du safran. Une maman Colvert vient nous rendre visite avec ses 4 petits, puis une autre avec deux petits. Plus loin on voit le couple de cygnes avec leur petit et les grèbes huppés avec leurs 3 petits. Au Creux, on est vraiment bien entourés !








Mercredi 11 – J’amène le pique-nique à bord, j’installe le taud, puis je vais chercher K avec l’annexe. On se fait un petit apéro puis on mange nos sandwiches. Jacques vient nous rendre visite et plus tard revient pour faire voir la Guêpe à des clients du bateau taxi en la présentant comme le bateau le moins bien entretenu du Creux :-) On hésite un peu à aller naviguer car c’est de nouveau cette situation vent d’ouest, jet d’eau en joran, mais il fait encore beau et la pluie est annoncée pour demain. On sort sous voiles, facile, en vent d’ouest c’est tout droit. K barre jusqu’à la Tour Carrée, on dit bonjour à Michel Budry et Henry à bord de l’Achille, puis les airs se mettent à jouer à la toupie et je prends le relais à la barre. On va jusqu’à l’entrée de la rade mais on n’y entre pas car il y a trop de bateaux de location à moteur et à pédales et ça souffle vraiment fort. On remonte au Creux en un seul bord de portant et on fait une superbe arrivée sous voiles, dans le joran, avec la Guêpe qui s’arrête pile le nez sur sa bouée. Une heure plus tard, il pleut :-)

Mardi 17 – On prend les mêmes et on recommence. Vent d’ouest au Creux, jet d’eau en joran. En arrivant à la Guêpe on a le plaisir de voir qu’il y a un nouveau Corsaire près de nous, tout joli avec sa coque blanche et son cockpit verni. K barre pour sortir. Justin nous complimente pour nos belles voiles. A peine passé le dernier bateau, K me dit qu’il est temps pour moi de prendre la barre. Ca souffle fort et irrégulier. On est bien gîtés la plupart du temps. Un Aphrodite 1O1 qui a aussi sa place au Creux nous suit un moment puis nous dépasse sous notre vent. On est tellement plus petits que lui que ça ne le fait même pas ralentir… En passant, les deux navigateurs à bord lèvent leurs verres à notre santé. Ils sont assis l’un en face de l’autre, alors que nous on est en plein rappel sur le plat-bord. Au bout d’une petite demi-heure on passe devant la Nautique, on continue jusque vers Baby Plage, puis on vire et on rentre au Creux en un seul bord de largue. J’exécute une belle arrivée sous voiles, heureusement car le propriétaire et les enfants du nouveau Corsaire sont à bord et nous regardent :-) Un peu plus tard, ils vont faire un petit tour au moteur, ce que nous devrions aussi faire pour rôder le nôtre… Lorsque tout est rangé, je nous sers un petit Ricard. Le lac s’est bien rafraîchi ce qui est parfait pour notre bouteille d’eau. Un peu plus tard Jacques vient nous rendre visite et K nous fait le service, Talisker dans des vrais verres




Tour du lac 2010, 19 au 25 août

Jeudi 19  Creux de Genthod – Prangins
13h10 on quitte le Creux, en bise, après un petit pique-nique à bord. On voit une île en amont de port Choiseul, quatre bateaux de pêches à couple. Je soupçonne un entraînement massif des traînes-matins pour leur concours de pêche. On vire pour nous rapprocher, c’est bien eux, Yvette et Blaise sur le premier bateau, Roby et Christiane sur le troisième… ils nous font santé et on leur dit que nous partons en croisière !

On vire à nouveau. Un Comet 850 est derrière nous. Il ne nous remonte pas et nous avons un meilleur cap. Plus loin on navigue un moment sur le même bord que Fram 2 de Michel Budry qui enlève son chapeau pour nous dire bonjour. Le Comet nous suit toujours puis, finalement, sur le dernier bord avant Prangins, on le voit remonter mieux au vent et nous dépasser. 










Arrivés à  Prangins, je tends mon amarre à notre voisin de bâbord qui nous complimente pour le look de la Guêpe, puis une dame vient vers nous et nous dit que c’est son bateau qui était derrière nous pendant tout le trajet et qu’elle a dit à son skipper qu’il devait faire quelque chose car ce n’était pas normal qu’un petit Corsaire aille plus vite qu’eux. Je lui réponds que maintenant que je voyais la taille de son mât, j’étais bien contente :-)



La Guêpe amarrée, je téléphone à Michel Hess qui nous invite à venir boire l’apéro chez lui. Claudia nous invite à rester pour dîner mais j’ai déjà prévu une salade de tomates et des pâtes carbonara pour notre repas du soir, à bord. 
















Vendredi 20  Prangins – Morges Château
Michel nous apporte des croissants pour le déjeuner. Son Surprise est amarré tout près de nous, sur la même estacade. Il pense aller en croisière mais le ciel est tout gris. Il pleut par intermittence et on joue au Sudoku sous la bâche. Vers 14h30 la pluie s’arrête. On part en direction de Morges avec un petit vent d’ouest qui nous pousse dans la bonne direction. On voit un petit avion faire des acrobaties dans le ciel. A Morges, la toute première place visiteurs à l’entrée du port est libre. 









Pour le souper, on va au restaurant du Club. K commande un T-bone steak et U un filet de bœuf Rossini. Délicieux ! On retourne à bord pour un dernier verre avant d’aller nous coucher. 

On se fait secouer toute la nuit par de grosses vagues et à chaque secousse l’intérieur du mât fait un drôle de bruit. On se croirait dans une machine à laver. Le lendemain le garde-port nous explique que cela arrive quand la vaudaire souffle dans le haut lac. 




Samedi 21  Morges – Clarens
En attendant que les airs se lèvent, on va visiter le marché et on fait des courses pour midi et soir. Comme les airs refusent catégoriquement de se lever, on décide que c’est le bon moment de rôder notre moteur. Au milieu du lac, on s’arrête pour pique-niquer. Un joli voilier en bois qui marche au moteur se rapproche et le couple à bord nous propose une bière fraîche. Nous déclinons l’offre et les remercions pour leur gentillesse. Ils continuent leur route. Je ne peux plus résister. On est au vrai milieu du lac, en long et en large, là où il est le plus profond, il faut que j’aille nager ! L’eau est bonne, rafraîchissante, propre. Avec le fond à 600 mètres, pas de risque de puces de canards ! 





Je nage un moment puis demande à K de me donner l’appareil photo pour des prises de vues de la Guêpe depuis l’eau. 










On repart ensuite, toujours au moteur, en direction de Clarens. Autour de nous, pas une seule voile en vue. Tout le monde est au moteur et le lac ressemble à un miroir. 











A Clarens, deux personnes se tiennent prêtes à attraper l’amarre que je leur envoie. La Guêpe a vraiment du succès. Il fait très chaud. J’installe le taud de soleil pour protéger le cockpit, puis on va visiter les alentours, dont la petite plage publique où nous achetons des bouteilles d’eau froide pour le Ricard de l’apéro. Pour le souper à bord ce sera : salade mêlée et risotto aux crevettes et noix de Saint Jacques. 






Dimanche 22  Clarens – Villeneuve
Très peu d’airs mais on ne va pas aller bien loin : Villeneuve, en faisant un petit détour pour voir de près le château de Chillon. 











A Villeneuve nous avons la surprise d’assister au Sonchaux Acro Show, démonstrations et compétition de parapente et delta acrobatique. 





















Après le show on va visiter les différents stands puis on y soupe d’une pizza au feu de bois accompagnée d’une petite bouteille de Planche-cache, pinot noir du Domaine Yves Amiguet, vigneron-encaveur à Villeneuve.




















Lundi 23  Villeneuve – Clarens
On a la désagréable surprise de constater que, comme le garde-port n’est pas là le lundi, les sanitaires sont fermés à clef ! On va faire quelques course pour le souper puis on retourne à Clarens au moteur car il n’y a pas de vent et le ciel est couvert. Météo Suisse annonce de la pluie pour l’après-midi et des orages pour la nuit. Nos voisins visiteurs ont aussi une immatriculation GE. Je leur demande quel est leur port d’attache : c’est le Creux de Genthod ! Depuis le port de Clarens, un chemin au bord du lac permet d’aller à pied jusqu’à Montreux. On peut y découvrir toutes sortes d’arbres exotiques, des petites plaquettes indiquent leurs noms et leurs pays d’origine. Les jardiniers de la ville de Montreux font un travail fantastique, entre les parterres fleuris et les sculptures en bois et roseaux qui s’élève du sol ou suspendus aux branches des arbres pour carillonner lorsque le vent se lève. On fait une première halte pour manger une glace, puis une deuxième pour une Bloody Mary sur la terrasse d’un restaurant chic. Au retour on fait encore un arrêt pour déguster un verre de Chardonnay sur la terrasse du sauvetage dont le bar est fait d’une demi coque de bateau en bois vernis. On retourne à bord pour le souper, salade puis filets de poulet accompagnés de spätzli, puis on bâche pour la nuit. Il n’a pas plu de toute la journée mais un peu avant minuit de gros orages s’abattent sur la région. Il pleut tellement fort que l’eau traverse la bâche comme si elle n’était pas là, inondant le cockpit. Faudra la remplacer. Les éclairs illuminent le port comme si on était en plein jour. Je constate également que l’eau rentre dans la cabine à travers le rouf, juste sous l’emplanture du mât. A faire voir à Robin…

Mardi 24  Clarens – Meillerie
Le matin nous consultons les différents sites de prévision météo ainsi que les images radar car le ciel est encore tout noir sur les reliefs nous environnant. Tous les bulletins sont unanimes : beau temps depuis l’ouest. Ca tombe bien, c’est la direction que nous devons prendre pour le retour. On sort du port au moteur, il n’y a pas de vent, juste les vagues dues aux orages de la veille, puis je vois une petite risée derrière nous. On hisse les voiles, gv et génois et on arrête le moteur, tout en laissant le tuyau d’arrivée d’essence branché et l’arbre dans l’eau en cas de nouveau calme plat. Une très faible vaudaire nous pousse gentiment vers l’ouest, puis c’est à nouveau calme plat. K remet le moteur en marche. J’ai un mauvais pressentiment et je demande à K de me donner mes chaussures. Je les enfile, K fait de même. Le temps semble arrêté et soudain je vois au loin une grosse ligne blanche sur l’eau. Je la montre à K qui me dit que c’est juste le restant des vagues de la nuit dernière. Je lui dis que non, c’est quelque chose de méchant qui vient sur nous et que ça vient vite. Je lui dis de mettre son gilet et de me donner le mien. J’ai à peine le temps de le fermer et un énorme coup de vent s’abat sur nous. On réussit à affaler la gv mais c’est déjà trop tard pour aller sur le pont, impossible donc de ramener le génois. Nous voilà donc sous génois et moteur. Les vagues sont immenses, on s’en prend quelques-unes sur la tête, on est trempés. Avec le génois on ne peut pas se mettre en fuite, on risquerait de se faire rouler. La côte suisse me paraît un peu moins violent que la côte française avec toutes ses montagnes qui descendent à pic. On prend donc cette direction et peu après on voit trois rideaux noirs au-dessus de Lausanne, des gros nuages noirs et les feux à 90. On ne va pas aller contre cet orage. On vire pour reprendre la direction de la côte française où maintenant ça clignote aussi à 90 ! Soudain la Guêpe fait une envolée sur le haut d’une vague et retombe dans un bruit horrible. Je regarde dans la cabine, je ne vois pas d’eau entrer. Je me dis que Jacky a été de bon conseil quand il m’a dit de demander à Robin de mettre une varangue supplémentaire dans l’avant du bateau pour éviter qu’il ne se casse sur une vague. Je me dis que si le bateau a résisté à un tel choc, il ne va pas se casser et comme on est coincés là et que le lac déchaîné est très beau à voir, je sors le petit Olympus Tough et me mets à  prendre des photos des vagues. Je suis déçue, en photo ça ne rend vraiment pas, on ne voit aucun relief. Je range l’appareil photo et c’est là que je vois qu’on a de l’eau dans la cabine. Je dis à K : « On est en train de couler » Il me répond : « Allons à Meillerie.» Je dis d’accord et je libère le génois qui se met faseyer comme un fou devant la drisse et je me mets à écoper aussi vite que je peux. Je réussis à maintenir le niveau d’eau  à la hauteur des couchettes. J’ai mis la boîte avec nos portables, porte-monnaie… dans l’équipet le plus haut au cas où. Lorsque nous arrivons à l’entrée du port de Meillerie, dans lequel il n’y a pas une vague, je vais sur le pont et affale enfin le génois, qui s’est transformé en chiffe molle. Il y a des gens sur la digue, je leur demande où le port est le moins profond car nous sommes en train de couler. Ils me disent d’aller au fond sur bâbord. Une fois le bateau amarré, je dis à K de continuer à écoper pour le pas le laisser partir au fond. Je me mets à l’eau pour aller voir où ça a cassé. Je constate une grosse fente où les deux parties ne sont plus face à face à 10 centimètres de la quille. Le dessous de la coque est aussi craqué perpendiculairement à la fente, sur plus de la moitié de la largeur. Je cherche avec quoi je pourrais caler le bateau sous la quille pour qu’il ne s’enfonce pas mais je ne trouve rien. Un membre du sauvetage vient nous aider. Il va d’abord à la recherche d’une remorque, en vain. Il nous propose ensuite d’incliner le bateau à l’aide de la drisse de gv afin que le trou soit au-dessus de l’eau. On attache donc la tête du mât à l’estacade. La Guêpe est à 45° et l’eau ne peut plus entrer. J’appelle ensuite Robin pour lui dire ce qui nous arrive. Il me répond qu’il va voir s’il peut venir en France avec une remorque et qu’il me rappellera de toute façon. Je remonte à bord pour vider autant d’eau que je peux et prends le sac avec tous nos effets. Nous allons réserver une chambre à l’hôtel, la plus belle avec vue sur le lac. Robin me rappelle et me dit qu’il sera là demain à 8h30. Après une bonne douche, on va au restaurant pour réserver une table pour le dîner et on se met sur la terrasse pour regarder le lac en sirotant un Ricard. Un gars essaie de faire de la planche à voile mais il n’arrive pas à garder sa voile en haut. Ca souffle trop et pourtant c’est déjà bien tombé ! Le repas du soir est délicieux, terrine de poisson maison puis filet de bœuf aux morilles, sorbet arrosé pour le dessert.

Mercredi 25  Meillerie – Versoix, chantier naval Détraz
On prend le petit-déjeuner à l’hôtel puis on va au port. La Guêpe n’a pas bougé. A 8h30 précise on voit arriver Robin et Roby avec la Land Rover et la remorque. Robin a amené sa caisse à outils. Il va dans la Guêpe et visse une planche sur la fente. Il étanche le tout avec beaucoup de suif. On peut alors la redresser pour la sortir du port et l’amener au slip des dériveurs. La mise à terre se fait en douceur. On démâte sur la remorque, on va boire un café puis Robin et Roby repartent avec la Guêpe qui finira son tour du lac par la route, sans nous. A Meillerie il n’y a ni bateau, ni car, ni train… Evian est à 15 kilomètres… on marche 5 kilomètres puis on fait du stop et un automobiliste nous amène au débarcadère d’Evian. De là on prend le bateau de la CGN pour Lausanne, puis un taxi pour la gare, un train direct pour Genève et un régional pour Versoix. Robin vient nous chercher à la gare et nous emmène boire le café aux Traînes-Matin. Ensuite on va au chantier et on vide le bateau de l’eau qui reste et de toutes nos affaires détrempées.

Décembre

Lundi 13 – La Guêpe est réparée, renforcée, repeinte et revernie. Le mât est poncé et j’ai appliqué deux couches de vernis deux composants carrosserie. J’ai cousu des protections de barres de flèches en cuir et nous avons acheté une bôme neuve, éloxée argent ! Robin a amenée la Guêpe chez Europ’Sails afin que Chris puisse lui confectionner une nouvelle bâche sur mesure et que Canard installe un emmagasineur de génois pour qu’à l’avenir on puisse se mettre à sec de toile sans quitter le cockpit.

JOURNAL DE BORD